Monologue par sanjec

Publié le par Ek-Sistére

Conte urbain, murmure de la Cité.

Couplé à Jémia dans la symbolique de la terre.

 


Et ces gens sans hâte, et ces foules sans yeux

Erraient fiers importuns au long des rues.

Races affamées pillant voraces ces lieux,

Griffent et arrachent mes murs, mes clos, mes vues.

 

Ils se repaissent coupables de la mœlle citadine

Que sous leurs pas je cède, qu’ils me volent,

Coupables de cet appétit sale de qui croit, s’imagine

Avoir de moi ce nom triste et sinistre : Droit.

 

Et lors que sous le joug froid

De ces bêtes-machines mon sein

Se cabre, gémit, pleure et enfin ploie

Idiots ils s’imaginent alors que je leur appartiens.

 

Ils ignorent l’envergure de qui gît

Sous le harnais de leur orgueil

La force et la conscience qu’ils oublient

M’est essence, carburant, seuil.

 

Grise chose informe, tentaculaire,

Ils me pensent amie, mère, sœur,

Dédaignant les augures trop ordinaires

Sous lesquels mon ire vient, gagne en ardeur

 

Dans mes rêves sourds ils gisent en ma pierre

D’un attendu refuge en fait le tombeau

Sonnant glas de l’espoir cru ère

Désormais closes portes de mon caveau.

 

Mais les songes de mes heures lentes lasses

Ne me sont que vains fantasmes,

Et de ma rancœur à ce joug crasse

Les hommes ne verront nulle trace.

Publié dans TEXTS

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Satine 03/04/2010 02:34


toujours aussi prenant et bouleversant à lire (et à relire sans modération) ^^


Nanie 03/04/2010 02:23


arf ça me fait penser que je l'ai toujours pas appris celui là... il est très très bien merci de l'avoir posté.. biz