Sanjec Conte Foetale

Publié le par Ek-Sistére

 

 

Au commencement il y eut Toile.

Blanche et vide, creuse et terne.

Mais entre elle et le monde fut l’artiste

Qui vint y baver les couleurs de ses rêves.

 

Et comme on se découvre dans le miroir un matin,

Tableau contempla le reste, d’un regard aux teintes neuves,

De pigments froissés et moites qui lui firent visage,

Et se drapa de ses coups de pinceaux

Comme un nouveau-né de son placenta un manteau.

 

Puis vint le mouvement.

Sous les couches sèches de ses membres tordus,

La chair s’anima et se mit à danser,

Tableau devint vivant, put sourire et grimacer,

Pantin bariolé singeant ses pairs.

Et bientôt résonnèrent les lourdes basses et les aigus grinçants

De la musique qui ponctuait ses rythmes saccadés.

 

Alors, organe rouillé et trop maladroit,

De mots pressés et de phrases remâchées,

Suintant les gestes et les formes qui l’avaient engendrée

Et mêlant sur la palette de ses tons les cris et murmures du temps,

Il y eut la voix pour conter ses extases.

 

 

Publié dans TEXTS

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emrod 19/03/2009 15:28

*ce texte est magnifique, et cette photo tout autant, plein de pensées pour toi*